Maître Georges Catala avocat toulouse

La Dépêche du Midi revient sur les secrets de la « démembreuse » du Canal du Midi à travers un entretien avec Maître Georges Catala, pour qui « ce crime est affreux, prémédité et crapuleux ».

Maîtres Georges Catala et Laurent Boguet interviennent aux côtés d’une famille meurtrie

Le 12 mai dernier, une dispute éclate entre deux femmes, deux collègues de travail, employées à l’Agefiph Toulouse, une association pour personnes handicapées. Maryline Planche, 52 ans, tombe sous les coups de sa collègue, Sophie Masala, 51 ans, qui décide de découper le corps de sa victime avant de disséminer les membres dans le Canal du Midi. C’est le début d’une affaire criminelle des plus macabre. Quatre mois plus tard, de nouvelles révélations viennent éclairer ce crime hors norme.

Arrivée au sein de l’association Agefiph (insertion des personnes handicapées) courant 2015, à Toulouse, Sophie Masala occupait le poste de conseillère en prestations, comme Maryline Planche dont l’expérience était bien plus grande dans cette structure. Une ancienneté qui lui confère aussi un statut de salariée «sérieuse et dévouée».

C’est cette légitimité acquise au cours de sa longue carrière que semble lui contester, au fil des mois, sa collègue, Sophie Masala, arrivée de Montpellier pour un poste en CDI. Les différentes auditions et témoignages des proches et collègues de travail de ces deux femmes évoquent des relations conflictuelles entre les deux. Au sujet de Sophie Masala, certains collaborateurs dressent le portrait d’une femme «inquiétante et affabulatrice». «Elle s’est aperçue que sa collègue ramenait à son domicile des dossiers professionnels dont elle était censée s’occuper à l’agence», indique l’avocat de Sophie Masala, Me Dunac. Une gestion de ces dossiers qui aurait été mal vécue par cette dernière et qui serait au cœur du conflit. La découverte de ces documents de travail , au domicile de Maryline Planche, constitue le point de départ de la violente altercation et d’une longue descente aux enfers.

L’enquête menée par les policiers du SRPJ de Toulouse va en effet mettre en évidence un conflit ouvert pour des motifs professionnels. Le jeudi 12 mai, Sophie Masala veut avoir une explication avec sa collègue Maryline Planche, chez qui elle se rend, quartier Saint-Georges à Toulouse. Lors de cette visite, une dispute éclate au sujet de ces fameux dossiers devant des témoins qui décrivent une scène violente où Maryline Planche aurait été rattrapée par les cheveux alors qu’elle tentait de fuir. Sophie Masala se saisit d’une bouteille de vin et assène un violent coup sur la tête de la victime qui s’effondre au sol.

Me Catala : « on est dans la plus terrible des réalités humaines »

Condamnée à Montpellier à une peine de prison ferme pour avoir détourné des chèques lorsqu’elle travaillait à la fac de médecine, Sophie Masala avait été placée en détention provisoire. À Toulouse, elle a reconnu avoir volé des tickets restaurants au sein de l’association de l’Agefiph. Le soir de la dispute fatale à Maryline Planche, Sophie Masala lui dérobe sa carte bancaire et l’utilise pour retirer 300€. Elle aurait prétendu que le code lui avait été donné par Maryline Planche. Les enquêteurs ont fini par retrouver le sac de la victime dans l’appartement de Sophie Masala, dans une résidence du quartier Guilhméry, à Toulouse. La scie à métaux était dissimulée sous son lit. Ils découvriront également la tête de la victime conservée par Sophie Masala, sous un buisson, enterrée à côté de son balcon. Ce dernier détail macabre s’ajoute au morbide scénario échafaudé pour faire croire que Maryline Planche était toujours vivante, en envoyant des SMS à ses proches avec le téléphone de la victime. Juste avant, le 16 mai, soit 4 jours après la dispute, elle revient dans l’appartement de Maryline Planche dont le corps est inerte et lui entaille les poignets pour faire croire à un suicide.

Ce n’est que le lendemain qu’elle décide de découper les membres du corps avec une scie à métaux achetée à Auchan-Gramont en même temps que des sacs-poubelles et une bombe désodorisante.Entre le 24 et le 28 mai, les sacs contenant les différents membres de Maryline Planche sont retrouvés dans le Canal du midi. Sophie Masala le répétait : «Nos relations étaient exécrables.»

Entretien avec Georges Catala

Avocat (avec Me Laurent Boguet) de la famille de marilyne Planche, la victime.

Vous assistez la famille de la victime, quel est votre premier sentiment ?

Après une longue carrière d’avocat dans les affaires criminelles, plus ou moins terrifiantes, cette fois-ci on est dans la plus terrible des réalités humaines : une femme va se complaire dans le découpage d’un corps. On atteint le sommet de l’horreur.

Selon vous, le crime est prémédité ?

On est en présence d’un assassinat car selon moi, il y a préméditation. Elle se rend au domicile de la victime pour la dépouiller sur fond de jalousie professionnelle. Elle était animée d’un sentiment de haine et ne supportait plus que la victime soit autant appréciée de sa hiérarchie et de ses collaborateurs. En réalité, elle se complaît dans un système de défense, de lâcheté et de faux-fuyants….

Qui est à l’origine de l’altercation ?

Notre cliente n’est pour rien dans l’altercation qui va suivre leur rencontre. D’ailleurs, elle n’avait pas rendez-vous chez ma cliente au moment où elle arrive chez elle. On lui a volé les clés de son domicile car peu de temps avant les faits, elle ne les retrouve plus. Elle lui vole aussi sa carte bancaire pour faire des achats.

Que ressent sa famille aujourd’hui ?

C’est une famille discrète et respectable qui est aujourd’hui tétanisée par la disparition de leur proche et doublement meurtrie par la façon dont cette disparition a été mise en scène. Car il y a d’abord eu le maquillage d’un crime en suicide et ce scénario sordide pour faire croire que ma cliente était toujours vivante. Enfin, il y a la façon dont elle s’y est prise pour faire disparaître son corps. Tout cela dépasse l’entendement.

Comment analysez-vous, le comportement de Sophie Masala ?

Toute sa démarche s’inscrit dans des projets qui n’ont pas de sens ou des initiatives mortifères. Elle reconnaît un trafic de tickets restaurants dans le but de se faire licencier. Elle retire de l’argent avec la carte bancaire de ma cliente en prétendant avoir remis les billets à un nécessiteux. Elle revient quatre jours après pour découper le corps d’une femme. Tout ceci est diabolique.

Qui était Maryline Planche ?

C’était une femme reconnue dans son travail et décrite par tous ses proches comme généreuse. Elle était également très respectueuse des autres. Ce crime est affreux, prémédité et crapuleux.

 

Article de Frédéric Abela pour la Dépêche du Midi : http://www.ladepeche.fr/article/2016/10/02/2430733-corps-decoupe-des-relations-execrables.html

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