Maître Laurent Boguet avocat toulouse

A la suite d’une altercation à la Salvetat Saint-Gilles le lundi 26 septembre, deux voisins étaient renvoyés devant le Tribunal Correctionnel de Toulouse. Me Laurent BOGUET intervenait en défense dans un procès aux forts accents du Sud Ouest.

«À peine qu’on se parle, déjà qu’on se traite»

«Ce n’est pas Dallas 1830 ou règlement de compte à Ok Corral ici !». Le président Vergne cherche l’apaisement entre les différents prévenus et les familles présentes dans la salle, hier devant le tribunal correctionnel. Lundi, vers 2 heures, une altercation ordinaire a dégénéré à la Salvetat Saint-Gilles. Lorsque Sandy, le patriarche de la première famille a garé sa voiture devant le portail de la seconde famille, les esprits se sont échauffés. Les noms d’oiseaux ont vite fusé. «À peine qu’on se parle, déjà qu’on se traite» ironise à l’audience Me Boguet qui défend Sandy. Lors de ces échanges, Brandon, 19 ans, un des fils de la seconde famille, est descendu de son appartement et a eu un accrochage avec Sandy. Le jeune homme est alors remonté chez lui, a pris une batte de baseball et un pistolet air soft «réplique d’un colt 911, arme certes factice mais qui remplit plutôt bien la main d’un gentilhomme», selon Me Laurent Boguet. Pris «d’un coup de sang», Sandy, 38 ans, a quitté le lieu du conflit pour réveiller un ami chasseur, lui emprunter son fusil et revenir solder la dispute. Et il a tiré. «Onze impacts de balle sur la façade de l’immeuble !», détaille la procureur Audrey Tracfi. «L’incident» aurait pu s’arrêter là mais Yves, 32 ans, le frère de Brandon a mis son grain de sel et a dégradé le véhicule de l’épouse de Sandy, d’abord avec un piquet de parasol puis en y sautant à pieds joints dessus !

«Les bons arbitres au rugby sont ceux qui réprimandent la mêlée dissipée avant de sortir les cartons rouges.»

Dans le box, les trois acteurs principaux du dossier, séparés par des gendarmes. Sandy, casier «léger», petit, tee-shirt blanc et barbe naissante regrette son geste et reconnaît ses torts. Tout comme Brandon et son frère Yves, il s’engage à ne plus réitérer les faits et à essayer de vivre «une cohabitation paisible». La procureur refuse «de banaliser ce qui aurait pu constituer une tentative d’assassinat». Les réquisitions tombent, lourdes : 18 mois de prison dont six mois assortis d’un sursis mise à l’épreuve pour Sandy, 4 mois de prison pour Yves et 6 mois de prison dont quatre assortis d’un sursis pour Brandon avec interdiction pour les deux camps de rentrer en contact. «Ça va être dur de ne pas se voir sachant qu’ils sont voisins…» plaisante Me Alexandre Parra-Bruguière. Il apaise les tensions entre les deux clans tout en essayant de baisser les peines requises à l’encontre de Brandon et d’Yves. Me Boguet tente la métaphore rugbystique. «Les bons arbitres au rugby sont ceux qui réprimandent la mêlée dissipée avant de sortir les cartons rouges. Le procureur de la République a directement sorti le rouge. Dans ce dossier, il y a la place pour un carton jaune». Les deux conseils obtiennent gain de cause. Sandy a été condamné à 8 mois de prison avec sursis, Brandon et Yves écopent de trente et soixante jours-amende à 10 €.

Crédit : La dépêche du Midi

 

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Le conflit de voisinage se règle au fusil

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