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Il y a 20 ans jour pour jour, la petite Marion Wagon, 9 ans, disparaissait en quelques minutes à une centaine de mètres de son domicile à Agen.

Maître Georges Catala, Avocat de la famille de la jeune Marion revient sur l’un des plus grands mystères de ces 20 dernières années dans l’émission de Jacques PradelL’heure du crime sur RTL.

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/il-y-a-20-ans-la-disparition-de-marion-wagon-7785766950

Maître Georges Catala : « 20 ans après, il faut surtout une volonté »

Ce jour-là, à l’heure du déjeuner, les parents de Marion, Françoise et Michel attendent comme chaque jour que leur fille les rejoigne pour déjeuner en famille avec leurs deux aînés Charline, 14 ans, et Gilles, 15 ans.

Marion est une jolie petite fille qui vient tout juste d’avoir 9 ans. Chaque midi, elle fait habituellement le chemin avec une de ses camarades de son école primaire. Deux fois par semaine, elle fait un détour et accompagne sa copine jusqu’au salon de coiffure où travaille sa mère, avant de reprendre la direction de la rue Dangla où elle habite. Le jeudi, son amie reste à la cantine et la fillette rentre seule chez elle.

Souvent, Marion aime courir, par plaisir, et le temps du trajet s’en trouve raccourci : 5 minutes, six peut-être. Une mère de famille l’entend dire qu’elle est en retard et la voit filer en courant. Cette femme est la dernière personne qui ait vu Marion ce jour-là…

Sur le boulevard de la Liberté, Guy Desmons, l’îlotier qui fait traverser les enfants au passage pour piéton, termine son service à 12 heures 16. Quand il s’en va, ce jeudi, Marion n’est pas passée. Il en est certain, car il connaît bien cette gamine qui lui dit toujours bonjour. A 12 heures 25, les parents de Marion s’inquiètent de ne pas la voir arriver. Ils envoient les deux aînés sur le trajet de leur petite sœur. Sans succès. Marion s’est envolée. A l’hôpital, au commissariat, à la gendarmerie, où ils téléphonent, personne n’a entendu parler d’une fillette qui aurait eu un accident ou un malaise. Alors une fugue ? Un enlèvement ?

A 12 heures 45, ils préviennent la police de la disparition inquiétante de Marion… Dans les jours suivants le père de Marion sillonne la ville en essayant de se mettre dans la peau de sa fille, se rend du côté du seul McDonald’s d’Agen, va à la gare, passe dans un quartier fréquenté par des squatters et quelques vagabonds.

Très vite l’hypothèse première, celle de la fugue à la suite d’une dispute familiale, est abandonnée et les investigations prennent rapidement de l’ampleur. Toute la journée et le lendemain, policiers et gendarmes ratissent le terrain. On fouille les immeubles, les caves, on fouille les berges de la Garonne et les alentours du canal du midi, survolé par un hélicoptère. Les militaires font ouvrir les coffres des voitures qui quittent la ville.

Dès le vendredi, une information judiciaire pour enlèvement est ouverte. Deux juges d’instruction sont désignés: Colette Lajoie et Maryse Le Men-Régnier. La Police judiciaire et les gendarmes contrôlent plusieurs centaines de délinquants mêlés à des affaires de mœurs. Pas de résultat. Le commissariat d’Agen fait alors appel à Annie Gourgue, la présidente de l’association La Mouette, qui s’est créée 12 ans plus tôt au moment de la disparition de Magalie et qui s’occupe des enfants en danger. L’association réussira à faire afficher entre 800 000 et 1 million de photos de Marion en France et à l’étranger. Trois mois après la disparition de la petite fille, sa photo va également être imprimée sur 10 millions de packs de lait. Mais l’enquête piétine, malgré cette extraordinaire mobilisation.

Pendant toute l’année 1997, les recherches continuent. Mais les deux juges d’instruction décident de retirer l’enquête à la PJ pour la confier officiellement à la gendarmerie qui crée la « cellule Marion », avec une quarantaine de gendarmes qui travaillent exclusivement sur l’affaire. 300 suspects sont interrogés, 1 300 appartements qui se trouvent sur le trajet de Marion entre son école et son domicile sont visités et leurs 2 300 occupants interrogés. Le canal latéral de la Garonne est vidé sur 14 km. Six écluses sont sondées par des plongeurs…

Un an après la disparition de Marion, on est toujours sans nouvelle d’elle. L’institut de recherche criminelle de Rosny-sous-bois est mis à contribution en 1998 et les gendarmes utilisent pour la première fois un logiciel américain qui permet de vieillir la photo de Marion. Des témoignages signalent la présence de Marion dans 89 pays. Les gendarmes vérifient : Ils enquêtent en Italie, en Suisse, en Belgique, en Pologne, au Portugal et en Martinique. Sans succès. Marion reste introuvable.

Aujourd’hui, 20 ans plus tard, la « cellule Marion » est fermée, au sens où des enquêteurs ne travaillent pas uniquement à cette affaire, mais l’enquête reste ouverte. Il n’y a pas une affaire de pédophilie en France sans qu’une vérification ne soit effectuée. Le dossier de l’affaire représente 50 tomes et 6 000 cotes, collecte de milliers d’auditions, d’interrogatoires, de rapprochements et de vérifications.

Pour ses parents, Il reste toujours un mince espoir que Marion soit retrouvée un jour, ou, au moins, qu’une information parvienne aux enquêteurs et permettent – enfin – de savoir ce qui s’est passé le 14 novembre 1996.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

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