Affaire Baca : Édith Scaravetti renvoyée devant les Assises - Cabinet Catala avocat toulouse

Disparu en août 2014 à Toulouse, Laurent Baca a été retrouvé mort en novembre. Édith Scaravetti, sa compagne, dit l’avoir tué lors d’une dispute. Elle vient d’être renvoyée devant les Assises.

Femme battue, humiliée ou femme machiavélique ? Une femme terrorisée, longtemps convaincue que son «homme» allait revenir après lui avoir pourtant mis une balle de 22 long rifle dans la tête. Ou une femme au bout de sa vie amoureuse, en manque d’affection, qui cherchait un nouveau compagnon et force aujourd’hui le trait sur sa vie passée pour expliquer son passage à l’acte ?

«Objectivement, l’ensemble des investigations et des éléments recueillis dans ce dossier ont toujours permis de considérer que la parole de cette jeune femme ne pouvait être démentie», affirme Me Laurent Boguet qui assure la défense d’Édith Scaravetti avec Me Georges Catala.

Édith Scaravetti, aujourd’hui âgée de 30 ans, demeure mystérieuse. Depuis le 20 novembre 2014 et la découverte du corps de son compagnon, Laurent Baca, qu’elle avait caché dans les combles de leur maison, cette mère de trois enfants explique qu’elle l’a tué lors d’une énième dispute, alors qu’il était ivre et drogué. Une version servie après trois mois de mensonge

Une femme battue qui passe à l’acte ? Terrible schéma. Mais à l’issue de 30 mois d’instructions, le parquet dans son réquisitoire doute de la sincérité de cette femme qui va devoir s’expliquer devant la cour d’assises. La doyenne des juges d’instruction, Myriam Viargues responsable de l’instruction, paraît plus sensible aux violences dont l’accusée aurait été victime.

Au contraire, les conseils des proches de Laurent Baca, Me Pierre Le Bonjour désormais soutenu par Me Édouard Martial, dénoncent «une histoire écrite par une femme, Madame Scaravetti, dont elle est l’actrice principale mais surtout le seul et unique témoin. Cette histoire est déjà dramatique et ignoble mais, en réalité, nous craignons que la vérité soit bien pire encore !»

Les débats devant la cour d’assises de la Haute-Garonne s’annoncent conflictuels et passionnants. Ce dossier se lit en effet dans les deux sens et les arguments ne manquent ni d’un côté, ni de l’autre. Un seul exemple ? La mère de famille a expliqué qu’elle avait été marquée «au fer» par son compagnon qui avait tracé les initiales «L B» sur sa poitrine et son dos. Mandaté, un expert légiste n’aurait pas vu grand-chose. «Rien en tout cas qui ressemble à la torture décrite», affirme Me Le Bonjour quand Me Boguet défend le contraire à partir de la même expertise…

Édith Scaravetti, qui a rencontré Laurent Baca lorsqu’elle avait juste 17 ans, sera jugée probablement courant 2018 devant la cour d’assises de la Haute-Garonne – la date de l’audience n’est pas encore fixée. On lui reproche d’avoir «volontairement donné la mort» et alors qu’elle était la conjointe de la victime. Cette circonstance aggravante porte la peine encourue pour cet homicide volontaire au maximum prévu par le code pénal, la réclusion criminelle à perpétuité.

Crédit La Dépêche – Jean Cohadon

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