Maitres Catala et boguet avocats pénalistes toulouse Photo DDM, Nathalie Saint-Affre.jpg

Ce lundi 13 mai 2019 s’ouvrait le procès en appel d’Edith Scaravetti, représentée par Maître Georges Catala et Maître Laurent Boguet, devant la cour d’assises du Tarn-et-Garonne à Montauban.

Le 23 mars 2018, elle avait été condamnée en première instance à 3 ans de prison pour « homicide involontaire », elle comparaît aujourd’hui libre.

Rappel des faits. Dans la nuit du 5 au 6 août 2014, Edith Scaravetti avait tué son compagnon, Laurent Baca, d’une balle dans la tête. Ce dernier soumettait Edith à des épisodes récurrents de violences conjugales. Au cours d’un de ces énièmes épisodes, Edith avait accidentellement tiré, en tentant de se défendre pour sa vie. Elle avait ensuite caché le corps pendant 3 mois dans du béton dans son grenier, enfermée dans son mensonge.

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Suite à cette décision il y a un an, le parquet général avait décidé de faire appel. Entre temps, Edith Scaravetti a pu retrouver sa famille, ses enfants, et réapprendre à vivre une vie normale en reprenant son travail d’auxiliaire de vie.

Après une semaine de procès, le jury a condamné Edith Scaravetti à dix ans de réclusion criminelle. Lors de leurs plaidoiries, Maître Catala et Maître Boguet sont revenus sur les souffrances qu’elle a endurées pendant 10 ans.

« L’enquête de police conclut en évoquant qu’elle a subi un calvaire pendant les dix ans de relation avec Laurent Baca. Ce ne sont pas ses avocats qui le disent, c’est la police. Et je regrette que l’on n’ait pas lu cette phrase ici alors que ce sont des éléments portés au dossier. » – Me Catala.

« Les initiales gravées sur son corps, la balle retrouvée dans le matelas : et si c’était vrai ? La conscience de cette femme a été progressivement vidée de son essence et je me pose la question du choix, de son libre arbitre. Je crois que l’emprise de Laurent Baca persiste comme dans la plupart des cas de violences conjugales. Rappelons des statistiques effrayantes. En 2017, en France, une femme sur deux se dit victime de violences psychologiques dans leur couple. Deux tiers n’en parlent jamais et dans le tiers qui reste, seules 19% acceptent de se constituer parties civiles. Une plainte doit faire l’objet de six ou sept mains courantes préalables. En France ! Faut avoir le courage d’en parler six ou sept fois ! Édith Scaravetti a subi des violences, des viols domestiques, des actes de torture et une tentative d’homicide à la carabine. Sans oublier les mots qui tuent. Ceux qui désintègrent. Elle se trouvait dans une spirale infernale et c’est insultant que de penser que c’est imaginaire. Mais non : même pour les initiales trouvées sur son corps, on a dit La coquine fracassée se les ait peut-être faites toute seule en maison d’arrêt. Il faut l’entendre. Or il l’a réifiée comme on marque une vache dans un cheptel. » – Me Boguet

Suite à ce verdict, les enfants d’Edith Scaravetti seront placés en attendant que les familles Baca et Scaravetti puisse demander un droit de garde.

Le début du procès et le verdict sur La Dépêche.

Photo par la DDM, Nathalie Saint-Affre

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