Maitres Catala et boguet avocats pénalistes toulouse Photo DDM, Nathalie Saint-Affre.jpg

Ce lundi 21 octobre s’est ouvert devant la cour d’assises de Haute-Garonne le procès de la « démembreuse du Midi ».

Les faits remontent à mai 2016, lorsque des morceaux du corps d’une femme sont retrouvés dans le canal du Midi à Toulouse. La victime, Maryline Planche, mère de famille de 55 ans, est rapidement identifiée.

Pour Maître Catala, en 2016, « ce crime est affreux, prémédité et crapuleux« . « C’est l’affaire la plus horrible que j’ai vue dans ma carrière » résume Maître Catala aujourd’hui.

Un conflit professionnel

La victime, tuée à l’âge de 52 ans, travaillait au sein de l’association Agefiph, pour l’insertion des handicapés. Rapidement les soupçons se tournent vers sa collègue, Sophie Masala. Arrivée de Montpellier quelques mois plus tôt, celle-ci rentre en conflit ouvert avec Maryline Planche.

D’un côté, Sophie Massala, décrite comme joviale, mythomane et manipulatrice. De l’autre, une employée consciencieuse, solitaire et discrète, qui vivait seule. Mal voyante, elle venait d’être opérée et sortait d’un rendez-vous chez son ophtalmologue le jour où elle a été tuée.

Le soir du 12 mai 2016, Sophie Masala se rend au domicile de Maryline Planche, pour semble-t-il avoir avec elle une explication, notamment sur les tickets restaurant qu’aurait détourné Sophie Masala. Une dispute éclate alors. Sophie Masala frappe violemment sa collègue avec une bouteille de vin, celle-ci ne s’en relèvera pas.

Une tentative de masquer le crime

Que se passe-t-il alors dans la tête de Sophie Masala ? Elle retourne à Montpellier en laissant le corps de Maryline Planche pendant plusieurs jours dans son appartement, quartier Saint-Georges à Toulouse. Elle va même jusqu’à envoyer des SMS à la famille de Maryline Planche depuis le portable de celle-ci afin qu’ils ne s’inquiètent pas.

Lorsqu’elle revient elle tente dans un premier temps de maquiller le meurtre en suicide en tranchant les poignets de Maryline Planche mais se rend vite compte que cela n’est pas crédible. Elle ressort alors et va acheter de l’équipement : une scie à métaux et un couteau en céramique. Puis rentre effectuer sa macabre besogne.

De l’immeuble jusqu’au canal, distant de 500 mètres, les membres sont transportés dans un caddie et la tête dans un sac à dos. Puis elle disperse les différentes parties du corps, en plusieurs endroits du canal. Et conserve la tête de sa victime, qu’elle enterrera dans le petit jardin proche du balcon de son propre appartement.

Un mobile difficile à déterminer

Interrogée par la police, Sophie Masala va alors avancer plusieurs explications à son geste fou. Elle ne parle pas de jalousie, mais évoque un sms sexuellement équivoque qu’elle aurait reçu de sa collègue. Sophie Masala semble reporter sur Maryline Planche la relation défectueuse qu’elle avait eu avec sa mère.

« Le mobile est difficile à déterminer« , explique Maître Catala, avocat des parties civiles aux côtés de Maître Boguet. « Elle aurait développé une sorte de haine vis-à-vis de la victime, qui lui faisait penser à sa mère, laquelle aurait été martyrisante. »

Née à Valenciennes, Sophie Masala avait quitté Montpellier pour s’installer à Toulouse fin 2015. Elle vivait dans un studio sur les hauteurs du Canal du Midi. Son mari et deux grands enfants étaient restés à Montpellier. Elle avait été condamnée en 2011 pour détournement de fonds à l’université de Montpellier où elle travaillait.

Pour les parties civiles, la préméditation ne fait pas de doute, bien que Sophie Masala nie avoir voulu la mort de sa collègue.

«Les psychologues et les psychiatres disent qu’elle n’a pas de carences mentales, s’étonne-t-il, la façon dont cette femme se conduit montre qu’elle était très soucieuse de passer entre les mailles du filet policier».

Le procès

Le procès s’est ouvert ce lundi 21 octobre, apportera-t-il un éclairage sur les circonstances du meurtre ? Sophie Masala est poursuivie pour meurtre, modification d’une scène de crime et atteinte à l’intégrité d’un cadavre. Elle risque la réclusion criminelle à perpétuité. 

Le verdict 

Après un procès de 5 jours les jurés de la cour d’assises de Haute-Garonne (5 femmes et un homme) ont condamné, ce vendredi 24 octobre, Sophie Masala, à une peine de 27 ans de réclusion criminelle pour le meurtre et le dépeçage de sa collègue de travail Maryline Planche. Une peine assortie d’une obligation d’un suivi médico-judiciaire de 5 ans. La cour a reconnu l’état de vulnérabilité de la victime âgée de 52 ans au moment des faits et souffrant d’une déficience visuelle et auditive importante. Un peu plus tôt, l’avocat général David Sénat avait requis la réclusion criminelle à perpétuité n’accordant aucune circonstance atténuante à cette femme « manipulatrice, représentant un danger social et entièrement responsable de ses actes ». À l’énoncé du verdict, Sophie Masala n’a manifesté aucune émotion.

La réaction de Maître Boguet suite au verdict : « Il y avait des accusations graves et attentatoires à la mémoire de la victime, elles ont été balayées dans le cadre de ce verdict. Il a été pris en considération l’état de vulnérabilité que présentait Maryline Planche, comme nous le souhaitions, quand elle a été agressée et battue à mort par Sophie Masala. La sanction est à la mesure de la gravité des faits reprochés. La famille de Maryline Planche se déclare soulagée par le fait que la mémoire et la réputation de cette femme ont été complètement restaurées aux détours des débats. »

Le procès dans la presse :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/proces-demembreuse-toulouse-s-ouvre-lundi-1736857.html

https://www.sudinfo.be/id147330/article/2019-10-19/sophie-masala-surnommee-la-demembreuse-du-canal-du-midi-sera-jugee-pour-avoir

https://www.lunion.fr/id102510/article/2019-10-19/toulouse-une-femme-de-55-ans-jugee-pour-avoir-demembre-sa-collegue-de-bureau

https://www.ladepeche.fr/2019/10/21/suivez-en-direct-le-proces-de-la-demembreuse-du-canal-du-midi-a-toulouse,8494341.php

https://www.ladepeche.fr/2019/10/25/toulouse-la-demembreuse-du-canal-condamnee-a-27-ans-de-reclusion-criminelle,8504738.php

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