Du 12 au 15 novembre 2019 le procès de l’infanticide de Gaillac s’est déroulé à la cour d’assises du Tarn à Albi. Pendant 4 jours les deux co-accusés, Elisa Delga, représentée par Maître Sénié-Delon, et le compagnon de cette dernière, Mickaël Taboulot, se sont reprochés mutuellement les faits.

Les faits

Amine Delga avait été retrouvé mort au domicile de sa mère, Elisa Delga, le 17 janvier 2017. Il était vite apparu que l’enfant, tout juste âgé d’un an, avait été victime de violences répétées, son corps présentant de multiples fractures et contusions, anciennes et récentes.Les deux co-accusés avaient été interpellés dix jours après la mort de l’enfant. Durant toute l’instruction, ils ont nié tout acte de violence mais six mois après son incarcération, Elisa Delga commençait à accuser son compagnon de violences quotidiennes.

La personnalité d’Elisa Delga

La personnalité d’Elisa Delga a longuement été évoquée lors premier jour du procès du couple. Aujourd’hui âgée de 23 ans, en détention provisoire depuis le 26 janvier 2017, Elisa Delga est une petite jeune femme, à la voix fluette. Ses premiers mots prononcés font penser à une enfant.

C’est ce que va décrire l’enquêtrice de personnalité, mandatée pour rencontrer l’accusée et ses proches et en faire le portrait le plus objectif possible.

Elisa Delga est née à Albi, le 11 décembre 1995. Elle a un frère et un soeur et a grandi au sein d’un foyer désuni. Les parents se séparent quand elle a huit ans, la mère préférant fuir le violence et l’alcoolisme du père. En 2008, pour une raison encore floue, la mère demande le placement de ses enfants en famille d’accueil. Elisa ne l’aurait pas supporté, elle évoque un sentiment d’abandon.

Elisa Delga ne poursuit pas une scolarité classique, elle est placée en centre médico-éducatif. La jeune fille souffre de déficience mentale. Elle agit et parle comme une enfant, a constamment besoin de cadre et de structure.

À l’âge de 20 ans elle tombe enceinte, le père biologique est beaucoup plus âgé qu’elle. Elle s’en sépare après la naissance d’Amine et part vivre chez sa mère avec le bébé. Très vite, un placement mère-enfant est proposé, Elisa et sa mère refusent, même si la jeune maman a du mal à gérer son bébé.

Elisa Delga est décrite comme réservée, dans son monde, timide. Son frère la dit gentille, incapable de faire du mal, naïve. « Elle se fait manger la tête« , dit le jeune homme à la barre.

Le procès

L’avocat général a requis une peine de 30 ans de prison pour les deux co-accusés, ainsi qu’une peine de 18 mois de prison pour le grand-père d’Amine, accusé de ne pas avoir dénoncé les faits de maltraitance.

Après 4 jours d’audience et 4 heures de délibéré, Elisa Delga a été condamné à 12 ans de prison et Mickaël Taboulot à 18 ans de prison, assorti d’une peine de sûreté de 2/3 de la peine pour ce dernier. Le grand-père d’Amine, Roland Delga a quant à lui été condamné à 10 mois de prison avec sursis. 

Pour Maître Robin Sénié-Delon, « il apparaît que le jury a entendu la détresse et les remords d’une mère à la suite d’un terrible drame. »

Dans la presse :

France 3

La Dépêche

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