Ce jeudi 21 novembre s’est ouvert à Paris le premier procès d’un policier dans le cadre des manifestations des gilets jaunes. Il comparaissait pour “violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique n’ayant pas entraîné d’incapacité” après la diffusion d’une vidéo le montrant en train de lancer un pavé, le 1er mai dernier. 

Le policier accusé, un brigadier de 44 ans, membre de la CRS 27 et basé à Toulouse, est policier depuis presque vingt ans et affecté à une compagnie de CRS depuis une dizaine d’années. Il était représenté par Maître Laurent Boguet qui a plaidé la légitime défense et la relaxe.  

Les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés le 1er mai, en face de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le 13ème arrondissement de Paris. Sur une vidéo on voit le policier lancer un pavé en direction de manifestants. Les images ne montrent pas où a atterri le projectile, ni s’il a blessé quelqu’un. 

Mobilisé ce jour-là depuis le matin avec sa compagnie, le fonctionnaire a évoqué des «scènes de guérilla» sous «une pluie permanente de projectiles ; on n’a pas le temps de descendre en pression», s’est-il défendu. Quelques minutes avant les faits, le prévenu avait vu son chef de section être gravement blessé au visage par un pavé jeté par un manifestant. «Notre capitaine était sérieusement blessé, c’est notre boss, donc on s’inquiète pour lui, en plus ça bouge de partout», a ajouté le policier.  Alors, «par réflexe», le fonctionnaire dit avoir renvoyé «ce pavé pour avoir une distance de sécurité», affirmant qu’il se «sentait agressé» par les manifestants. Mais, «je ne voulais blesser personne», a-t-il rajouté, en soulignant avoir lancé le projectile «dans une zone neutre».  Aucune partie civile n’a été constituée, a confirmé l’avocat du policier, Me Laurent Boguet.

« Nous ne devons pas faire l’impasse sur la colère à laquelle les policiers ont été confrontés pendant plusieurs heures ce jour-là », a déclaré Me Laurent Boguet, qui souligne que son client était « immergé dans un combat avec des forces actives qui voulaient en découdre avec des policiers »« Ce fonctionnaire s’est saisi d’un projectile qui avait atteint un de ses collègues pour le rejeter effectivement en direction d’une foule hostile», déclare Me Laurent Boguet. « Il se trouve qu’il ne portait aucune arme de défense, qu’il n’était pas doté d’un bouclier, et qu’il avait fait usage de ses trois grenades de désencerclement auparavant. Donc il était complètement démuni et c’est dans ce cadre là que ce jet de projectile s’inscrit».

Une ligne de défense appuyée par le syndicat SGP Police. « Cette compagnie de CRS dont fait partie ce fonctionnaire a été accrochée dans les premières heures de manifestation, et trois de mes collègues ont été transportés à l’hôpital», affirme le secrétaire général délégué Grégory Joron sur BFMTV.

Le parquet a requis trois mois de prison avec sursis. « Je ne veux pas en faire un exemple», a indiqué la procureure dès le début de son réquisitoire car «ce n’est pas le procès de la police».

La décision a été mise en délibéré au 19 décembre.

Dans la presse :
BFMTV
Ouest France
Tribune de Genève
France TV

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