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Fin novembre, deux pompiers se sont fait agressés alors qu’ils tentaient de calmer un fils qui se montrait violent avec sa mère. Fin janvier s’est tenu le procès de ce jeune homme devant le tribunal correctionnel de Toulouse. 

Les pompiers étaient dans les parages, à Longages, afin de proposer leurs calendriers.

Yssan, 23 ans et déjà 24 condamnations judiciaires, se trouvait chez sa mère pour lui demander de l’argent. Une violente altercation a alors éclatée, et s’est poursuivie à l’extérieur du domicile. Un témoin qui a aperçu le fils passablement énervé a alors tenté d’intervenir pour protéger la mère.

Les deux sapeurs pompiers sont également intervenu pour tenter de calmer la situation. Mais Yssan ne s’est pas calmé, il est allé chercher dans sa voiture une arme pour les menacer. Selon lui c’était une barre de fer mais pour les pompiers, et les témoins de la scène, c’était une arme à feu.

« Je me suis approché car je pensais que ça allait en finir aux poings. Il a pris une arme dans sa voiture et ce n’était pas une barre de fer », témoigne un sapeur-pompier à la barre du tribunal correctionnel de Toulouse.

Yssan a ensuite tenté de s’enfuir, conduisant à vive allure et à contresens, alors qu’il n’a ni permis, ni assurance.

« L’actualité brûlante démontre les revendications des sapeurs pompiers, de leur mal-être et des conditions de leurs interventions. Ils venaient distribuer les calendriers à la population civile. Ces calendriers ont pour but d’œuvrer pour les veuves et pupilles qui perdent des sapeurs pompiers dans leur mission », précise Me Laurent Boguet qui représente les intérêts des deux victimes, du SDIS de la Haute-Garonne, de l’Union départementale des sapeurs pompiers de la Haute-Garonne (UDSP31) et l’amicale des sapeurs pompiers volontaires de Carbonne. « Ils interviennent courageusement et viennent vous dire qu’ils ont essayé de mettre fin à l’altercation. On vit mal d’être braqué par une arme de poing. Ce genre de comportement n’est pas admissible ! ».

« Je tiens à saluer le courage des sapeurs pompiers puisque à la barre il faut aussi du courage pour entendre dire qu’ils sont des menteurs », analyse la procureure. « On n’est pas pompier pour se faire braquer ! Et en prime le prévenu n’hésite pas à prendre la fuite à vive allure. Il n’a aucune considération pour la vie d’autrui, sauf pour lui. » Elle requiert 3 ans de prison dont 6 mois assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve pendant 3 ans avec maintien en détention.

« C’est sa mère qui le menace avec un couteau. Cela explique qu’il sort de la maison et que l’altercation continue. Ne lui donnez pas le rôle qu’il n’a pas! Vous croyez que c’est un caïd ? Qu’il a une arme ? Il n’y a jamais eu d’arme, jamais! Les faits il les reconnaît sauf les violences avec l’arme », argumente en défense Me Jocelyn Momasso Momasso.

Le tribunal l’a finalement condamné à 2 ans de prison dont 9 mois assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve pendant 3 ans avec pour obligations d’indemniser les victimes, de travailler et de se soigner. Il a également été condamné à payer 1 000 € à chaque sapeur-pompier et 200 € aux quatre organisations représentatives des pompiers.

La Dépêche

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