Mardi 26 mai, trois hommes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Foix. Ces trois frères, âgés entre 28 et 37 ans, d’origine arménienne, doivent répondre de faits de violences survenus en 2018 lors d’une bagarre générale, à la sortie d’une boîte de nuit.

Seulement l’un d’entre eux, le plus jeune, était cité à comparaître par le ministère public suite à l’enquête menée par les policiers, mais la citation de l’avocat des parties civiles, Me Laurent Boguet, a conduit les deux autres à la barre du tribunal correctionnel. Il s’en est d’ailleurs expliqué. « Malgré une enquête fouillée, nous avons été surpris de ne voir qu’un seul protagoniste cité à comparaître. » Le tribunal a alors dû examiner ces deux dossiers, qui, malgré des faits similaires, restent bien distincts. L’exposition de ces faits a été longuement détaillée par le président du tribunal, Hervé Barrié.

Des versions qui diffèrent

Ce soir-là de juillet 2018, quatre jeunes hommes sont présents dans la boîte de nuit. Un différend éclate alors à l’intérieur avec l’un des trois frères prévenus. Selon les versions, le motif diffère : des insultes échangées, une jeune femme présente avec le groupe importunée, des gestes déplacés… Une chose est sûre, l’incident abouti à l’expulsion du prévenu.

À l’extérieur, la tension monte rapidement lorsque celui-ci décide d’appeler ses frères. « Je n’ai pas compris pourquoi j’avais été expulsé » explique le principal intéressé. « J’ai appelé mes trois frères parce que j’ai eu peur, je leur ai dit que j’avais été agressé. » Ils se retrouvent alors tous sur le parking de la boîte.

Ce groupe de quatre hommes, « des rugbymen », est alors interpellé par la famille présente. Mais là aussi, les versions divergent.

Selon les rugbymen et les portiers de la boîte, le prévenu aurait tenté de s’introduire dans leur véhicule pour en découdre. Le mis en cause, lui, l’assure : « Je voulais simplement m’expliquer, leur dire qu’on était là pour s’amuser pas pour se bagarrer. »

Mais l’incident n’en reste pas là. Selon les déclarations des parties civiles, le groupe s’en va sans demander son reste avant d’être « pris en chasse » par deux véhicules.

« On parle bien d’une chasse à l’homme organisée à une heure avancée où tout est possible », insiste Me Laurent Boguet. Pourtant, selon les trois frères prévenus, c’est bien le groupe de rugbymen qui aurait tenté en premier lieu de les percuter en partant. « On a décidé de les suivre, pour relever l’immatriculation », explique l’un d’eux. Mais après avoir passé le péage et emprunté l’autoroute en direction de Toulouse, les véhicules rentrent en collision. Là encore, le rôle de chacun n’est pas clair.

Une bagarre générale qui éclate

Immobilisés sur l’autoroute, une bagarre générale éclate alors entre les deux groupes. Des barres de fer (une béquille en aluminium selon les déclarations) et un morceau de bois apparaissent. Les coups pleuvent. L’un des rugbymen est touché au crâne, il subira plus de 12 points de suture.

À la barre, le plus jeune des prévenus reconnaît avoir eu en sa possession ces armes dans son véhicule. « Pour ma défense et celle de mes frères », indique-t-il. Son avocate, Me Catherine Pons-Fournier a mis en avant les problèmes psychologiques rencontrés par le jeune qui a pu « perdre le contrôle » sans toutefois exonérer la responsabilité des deux groupes dans la bagarre « qui ont chacun reçu et donné des coups ». Me Olivier Vercellonne, avocat des deux autres frères, l’assure : « je ne vois pas pourquoi la parole des rugbymen, loin d’être des gentlemen, aurait une valeur supérieure à la leur ».

Le tribunal en jugera en rendant sa décision le 7 juillet.

L’article de La Dépêche

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