cour assises angouleme - cabinet catala avocat toulouse

En juin de l’année dernière Maître Boguet et Maître Vatinel représentaient devant la cour d’assises de Bordeaux un homme victime d’un kidnapping qui avait duré plus de 7 semaines.

Les deux principaux accusés, Alain Raspaut et François Decline, avaient été condamné à 30 ans de réclusion, avec peine de sûreté des deux tiers. Le 3ème accusé, André Heitz, avait été condamné à 15 ans, assortie de la même peine de sûreté. Le 4ème, Bruno Raspaut, avait écopé de 4 ans avec sursis.

Le procès en appel

La semaine dernière s’est ouvert le procès en appel devant la cour d’assises d’Angoulême. Alain Raspaut avait en effet décidé de faire appel de sa condamnation. Maître Boguet et Maître Vatinel représentaient de nouveau la victime, qui se confiait à La Dépêche avant le procès : « Je m’en serais bien passé. Replonger dans tout ça reste difficile, douloureux. Je suis une personne extrêmement discrète et me retrouver sous les feux de la rampe ne me plaît pas. Je préférais pouvoir continuer à me reconstruire et pouvoir passer à autre chose. Mais la procédure permet cet appel. On repart à zéro. Ce n’est pas agréable mais il le faut. Pour tourner la page, définitivement. »

Lors de ce procès en appel, Alain Raspaut, incapable d’assumer, a, comme lors du procès en première instance, tenté de convaincre les jurés que le coup avait été monté conjointement avec la victime, son soi-disant « ami ». Cette complicité supposée de la victime n’a, une fois encore, pas convaincu les jurés.

« Il avait besoin d’argent pour obtenir que des terrains deviennent constructibles », a affirmé Alain Raspaut. « Je n’en ai pas besoin » a répondu celui qui a été enlevé. Un agriculteur dont l’expert psychologue Alain Penin a décrit « la situation d’emprise » dont il avait été victime lors de sa séquestration.

« Autant frapper un mur de pierres », estime Maître Boguet. « On pouvait espérer un acte positif de contrition de la part de l’accusé mais, visiblement, il persiste dans cette version infâme, et cruel, de son crime. Les jurés devront en tirer les conséquences, celle d’une absence de résilience ! »

« Cette nouvelle déclaration qui vous a été servie par M. Raspaut, c’est une daube, sûrement pas la vérité », a enchaîné l’avocat général Eric Legrand lors de son réquisitoire. L’avocat général, convaincu de « la dangerosité de cet homme qui a du sang sur les mains » a requis la perpétuité avec la peine de sûreté maximale, soit 22 ans. Avant lui, Maîtres Martin Vatinel et Laurent Boguet ont défendu « l’honneur » de la victime, « la réalité de son cauchemar qui perdure aujourd’hui face aux affabulations d’un accusé incapable d’assumer ! »

Lorsque la victime a provoqué des larmes devant les jurés lors de son poignant récit, Alain Raspaut lui n’a pas réussi à convaincre. La cour d’Assises de la Charente a finalement décidé d’aggraver sa peine. Il a été condamné à perpétuité avec 22 ans de peine de sûreté, la peine maximale.

Maître Boguet estime « que les antécédents ont joué, mais aussi la nature extrêmement grave des faits reprochés. Le kidnapping, la séquestration et surtout les moyens utilisés pour détruire psychiquement cet homme qui, aujourd’hui encore, en porte la trace. Comme si cela ne suffisait pas, l’accusé joue encore de cette emprise et présente sa victime comme un complice. Une stratégie pénible et cruelle que les jurés, qui ne sont pas dupes, ont lourdement sanctionnée. »

La victime, elle, espère pouvoir « tourner la page. Depuis 5 ans, c’est difficile. Aujourd’hui, la justice est rendue. C’est un soulagement. Merci à tous les gens qui m’ont soutenu. On peut passer à autre chose. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.