Me Catala - disparition Marion Wagon

En faisant analyser une dizaine d’ADN, retrouvés sur un matelas dans une maison de la famille Fourniret, la justice réveille l’espoir des parents de Marion Wagon, disparue à Agen en 1996. Me Georges Catala est l’avocat de ses parents depuis cette disparition. Interview par La Dépêche.

Quand avez-vous commencé à assister les parents de Marion Wagon ?

« Juste après le 14 novembre 1996, quand Marion a été emportée. Ses parents, qui sont des gens admirables, ont souhaité que je défende leurs intérêts. Depuis 24 ans, je les suis régulièrement. Nous avons partagé des espoirs, des désespérances, des mensonges et des manipulations. »

Dans quel état d’esprit se trouvent-ils ?

« On peut imaginer la secousse qui est intervenue dans leur esprit. Bien sûr, ils sont avides de vérité. Mais l’itinéraire du malheur de cette enfant, tel qu’on peut l’imaginer si c’est Fourniret qui s’en est occupé, les désespère. Ils sont encore dans une situation d’une intense douleur. Ce qu’ils souhaitent, par-dessus tout, c’est de lui donner une sépulture. »

En tant qu’avocat, quel regard portez-vous sur cette affaire ?

« À l’époque, la société était mal organisée. Elle l’est mieux aujourd’hui, avec « Alerte Enlèvement ». Mais elle ne l’est pas totalement, puisqu’il n’existe pas de banque de données ADN des enfants disparus. On est obligé d’aller le pêcher à droite à gauche ou de le reconstituer. »

Diriez-vous que tout a été tenté dans l’enquête ?

« Le jour du drame, dès 15 heures, les policiers étaient là. Ils ont ratissé les environs, entendu tous les détraqués de la région. Toutes les pistes ont avorté, ce qui me permet de penser que celui qui a enlevé Marion était un personnage particulièrement retors et aguerri, qui avait préparé son coup et n’était pas du coin. Quelqu’un d’endurci dans la délinquance, qui a des habitudes nauséabondes et rationnelles. »

Quels espoirs placez-vous dans les résultats de ces analyses ADN ?

« Deux étapes : qu’on puisse comparer, en reconstituant l’ADN de Marion, à l’un de ceux retrouvés sur le matelas, et que l’ADN de ce matelas, placé sous scellés depuis 2003, soit suffisamment puissant. Il n’est pas impossible qu’on ait une réponse. Il y a une espérance. »

Des connexions ont-elles été établies, par le passé, entre Fourniret et Marion ?

« Les gendarmes se sont intéressés à lui, ils ont étudié son emploi du temps. Il était conclu qu’au moment des faits, il ne se trouvait pas à Agen. En quelques heures, il pouvait faire des centaines de kilomètres pour arriver à ses fins. Mais ce n’est pas une preuve absolue. Et le fait qu’il n’y ait pas de preuve ne l’exclut pas. »

Pensez-vous qu’il reste encore beaucoup de choses à découvrir concernant l’ogre des Ardennes ?

« Évidemment. Il y a une zone blanche dans sa vie qui intéresse les enquêteurs. Personne ne croit qu’il s’est arrêté de tuer durant cette période. Sa compagne déclarait d’ailleurs que c’était un rythme de 2 ou 3 fois par an… »

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