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Fin janvier, une femme de 34 ans s’est lancée dans une course folle en voiture entre Fronton et Cépet, renversant 3 cyclistes, dont l’un décédera sur place.

Sa course commence en percutant un premier cycliste sous les yeux de témoins, qui appellent immédiatement la gendarmerie. Un dispositif d’interception est alors mis en place rapidement, mais les gendarmes stoppent leur poursuite du véhicule afin de venir porter secours à la victime renversée. Des collègues prennent le relais pour poursuivre la voiture folle.

Elle arrive alors dans Cépet : « Elle est arrivée à vive allure dans le village, elle a coupé le rond-point en roulant dessus » témoigne, choquée, une femme témoin. « Elle était suivie des véhicules des gendarmes avec gyrophares et injonction de s’arrêter lancée en permanence au micro. C’était très impressionnant. Malgré tout la conductrice a continué sa route à vive allure. »

Elle arrive ensuite route de Labastide-Saint-Pierre-Saint-Sernin, où elle commence à rouler sur la voie opposée. Là elle percute de nouveau un cycliste, qui est éjecté dans le fossé. Une partie des gendarmes se porte à son secours pour lui prodiguer un massage cardiaque tandis que les autres gendarmes continuent leur course-poursuite.

La voiture folle heurte alors un 3ème cycliste, avant d’être bloquée 900 mètres plus loin par le barrage d’une voiture militaire. Mais cela n’arrête toujours pas la conductrice, elle tente de forcer le passage en rentrant dans leur voiture. Les militaires font alors usage de leur arme une fois, en visant le montant avant droit. « À aucun moment la conductrice n’a été mise en danger », indique le vice-procureur.

La conductrice est enfin interpellée, mais le mal est fait. Malgré les soins prodigués par les gendarmes, le second cycliste percuté décède sur place. Les deux autres sont blessés et choqués, mais hors de danger.

La conductrice, 34 ans, est conduite dans un premier temps à la gendarmerie, puis le parquet de Toulouse demande a ce qu’elle soit vu par un expert psychiatre qui l’a fait hospitaliser d’office.

L’enquête a été confiée à la brigade de recherche de Toulouse Saint-Michel qui est chargée de comprendre qui est cette conductrice et ce qui l’a poussé à cette course folle.
Selon les premiers éléments c’est une habitante de Labastide-Saint-Pierre-Saint-Sernin de 34 ans, qui travaille dans la logistique, domiciliée chez ses parents et sans enfants. La conductrice aurait des antécédents psychiatriques et serait sous traitement. L’hypothèse d’un acte terroriste a vite été écartée.

La famille de la victime, un chef d’entreprise de Montberon de 65 ans, souhaite connaître au plus vite la vérité sur cette course folle. Sa fille aînée confie « on a vécu cet accident comme un acte terroriste ». Deux semaines après le drame « on ne sait toujours pas ce qu’il s’est passé ce jour-là. C’est inadmissible, on est tous en souffrance » explique-t-elle.
Afin d’obtenir au plus vite une réponse elle s’est portée partie civile et est représentée par Maître Laurent Boguet et Maître Martin Vatinel.
« Pour nous c’est vital. On veut que sa famille, le médecin qui la suivait pour sa prétendue bipolarité et la justice, qui l’a remise en liberté après un grave incident en 2017, s’expliquent. À ce jour, nous ne savons rien d’elle alors que le nom de mon père a circulé partout. Est-ce que c’est un acte terroriste ? Nous, en tout cas, on le vit comme ça », ajoute-t-elle.

Le jour de l’accident, son père profitait de son temps libre pour faire du sport. « Il était en pleine forme et s’entretenait régulièrement. » « On nous a enlevé notre père comme ça, d’un coup. Pourquoi a-t-elle fait ça ? Elle était visiblement prostrée et n’a pas dit un mot. Aucun gendarme n’a eu le droit de l’interroger », confie-t-elle.

Les motivations de la conductrice restent donc inconnues et la question de son irresponsabilité se pose toujours. Les expertises psychiatres pourraient permettre d’en savoir plus, mais si elle jugée irresponsable elle échapperait alors à des poursuites devant la cour d’assises ou le tribunal correctionnel. Ce qui serait «atroce pour la famille» selon la fille aînée.

« La volonté de provoquer des accidents est confirmée par des témoins et par les gendarmes. Ils l’ont vu notamment foncer sur un cycliste qui s’en est sorti par miracle », souligne Dominique Alzeari, le procureur de la République. « Nous avons ouvert une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction, et nous souhaitons lui notifier dès que possible de sa mise en examen pour homicide volontaire. Nous attendons le feu vert des médecins. Je ferai en tout cas tout mon possible pour que cette dame soit jugée », assure-t-il.

Article de La Dépêche

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