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Début mars quatre hommes étaient jugés pour le viol collectif d’une jeune femme sur le parking d’une boîte de nuit de Balma, en 2018. La scène avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Le procès avait lieu à Toulouse, devant la cour criminelle de la Haute Garonne.

Les faits ont eu lieu un soir de 2018, à la fin d’une soirée alcoolisée dans une boîte de nuit de Balma. La victime a été agressée par quatre hommes et a subi des sévices sexuels, filmés par un témoin, puis diffusés sur les réseaux sociaux.

Une enquête a été menée par la brigade de recherches de Toulouse Saint-Michel, et a permis d’identifier 4 hommes, alors âgés de 18, 22, 24 et 26 ans.

Récit de 4 jours de procès :

Le procès a duré 4 jours, au cours desquels les accusés ont été défendus par Mes Caroline Marty-d’Audibertières, Marie-Ange Cochard, Robin Sénié-Delon, Joseph Cohen-Sabban & Jean-Yves Gougnaud.

La victime « a besoin que la justice soit rendue pour essayer de passer à autre chose. C’est quelqu’un de fragile, de vulnérable, cette semaine de procès s’annonce difficile et très intense pour elle », indique Me Ravyn Issa, avocate de la partie civile.

Pour cette affaire sensible et complexe, elle a demandé à ce que le procès se déroule à huis clos, ce qui a été validé. Les accusés encouraient chacun 20 ans de réclusion criminelle.

Ces quatre accusés ont toujours réfuté le viol, expliquant que la jeune femme était consentante. Une position difficilement entendable pour l’avocate de la jeune femme, Me Ravyn Issa. Sur le banc des accusés, les quatre hommes comparaissent détenus.

C’est dans cette lourde ambiance que la première journée du procès s’est déroulée. Elle a été principalement consacrée à l’exposition des faits. Tout l’enjeu du procès était de comprendre le déroulé précis de cette soirée, mais également les différents niveaux d’implication des quatre accusés.

Les jours suivants, la cour s’est penchée sur la personnalité des accusés.

Le 3ème jour a été intense en émotions. Les visages reflètent l’intensité des débats. La victime a « beaucoup pleuré, c’est très difficile. Depuis ce dimanche de 2018, elle ne vit plus », glisse son avocate Me Ravyn Issa.

Après une matinée passée à décrypter la personnalité des quatre jeunes hommes, tous âgés de moins de trente ans, l’après-midi a été consacré à la plaidoirie de la partie civile.

« Je me suis attardée sur la vie de cette jeune femme, brisée depuis cette soirée. Elle était venue chercher des réponses mais aussi de la reconnaissance ou des excuses pour enfin espérer se reconstruire. Elle n’a rien obtenu. Même deux ans après les faits, elle se sent encore salie et humiliée. Deux des accusés ont seulement prononcé des balbutiements d’excuses opportunistes » indique Me Ravyn Issa.

Le 4ème et dernier jour du procès s’est consacré aux réquisitions de l’avocat général David Senat, puis aux plaidoiries de Mes Caroline Marty-Daudibertieres, Joseph Cohen-Sabban, Marie-Ange Cochard, Jean-Yves Gougnaud et Robin Sénié-Delon.

L’avocat général, David Senat, a requis de neuf à treize ans de prison contre les quatre jeunes hommes jugés.

Adil Maache, 27 ans, a été condamné à dix ans de prison ferme pour ce viol en réunion. Lorsque le couperet tombe, il accuse le coup mais garde le silence. « C’est une peine sévère mais que mon client accepte », note son avocate, Me Caroline Marty-Daudibertières.

Les deux plus jeunes accusés, Zeghloul Ouadah, 24 ans, et Mohamed El-Hady, 21 ans écopent tous les deux de neuf ans de prison. « Il n’y a pas de doute sur votre culpabilité », précise le président Noël Picco. L’accusé défendu par le pénaliste parisien Me Joseph Cohen-Sabban et Me Jean-Yves Gougnaud, fixe les magistrats, sans bouger. « Les débats ont été respectueux, les peines sont équilibrées et notre client a pris acte de sa condamnation », indique avant de quitter les lieux, l’avocat parisien qui défendait Zeghloul Ouadah.

Le client de Me Marie-Ange Cochard, Mafhoud Nafi, 28 ans, a été condamné à sept ans de prison. Une peine moins lourde que les autres notamment du fait d’une « moindre implication et d’une prise de conscience sincère et profonde de la gravité des faits », note le président. « Il est dans cette attitude depuis le départ et il accepte sa peine », a confirmé son avocate.

Défendu par Me Robin Senié-Delon, Mohamed El-Hady, le cadet du quatuor, fait « non » de la tête au moment de l’énonciation de sa peine. « Nous avons tenu compte de votre jeunesse mais vous n’avez pas bénéficié de toute la clémence de la cour au regard de votre comportement », précise le président.

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