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Début mai s’est déroulé le procès d’un homme accusé d’avoir tenté de tuer son psychanalyste, devant la cour d’assises de Haute Garonne. Maître Georges Catala et Maître Robin Sénié-Delon représentaient cet homme, qui affirme n’avoir jamais voulu tuer la victime.
 
Le psychanalyste en question, assis au premier rang du procès, a été frappé et poignardé en juin 2018 dans son cabinet par l’accusé, qui était un de ses anciens patients.
 
Au cours du procès, plusieurs témoins se sont succédés, dont plusieurs psychologues et enseignants, qui avaient également suivi l’accusé. « Il avait besoin d’un statut, d’une reconnaissance, de réussite. Il disait vouloir gagner de l’argent, posséder une Rolex en or comme son frère », confie une psychiatre qui l’a reçu.
Ce besoin l’a poussé à s’en prendre à deux enseignants en psychologie car il ne pouvait pas poursuivre un master 2. L’une des psychiatres a également dû arrêter de le suivre après qu’il se soit introduit chez elle. Pour l’un des témoins l’accusé était venu pour tuer son médecin, ce que semble croire également la victime.
 
De son côté la soeur de l’accusé avoue à la barre « Je ne comprends pas cet acte. Ce n’est pas lui, ce n’est pas ce qui lui a été inculqué. Ça reste une incompréhension… »
C’était un enfant tranquille, qui a repris ses études à 25 ans après avoir travaillé dans un supermarché. Sa mère explique : « Petit à petit il s’est refermé, se coupant de ses amis, de ses relations, même de nous. Nous n‘étions pas assez intelligents. Il est devenu totalement obsédé par la psychanalyse. Mes enfants ne se sont jamais drogués mais là j’ai vu où ça menait. Matin midi et soir, il ne parlait que de ça… » En parlant de la victime : « Il ne l’a pas soigné. J’ai voulu l’alerter. Il m’a répondu qu’il n’avait rien à me dire… »
 
L’accusé s’est lentement enfoncé. Pour le Docteur Franck, interrogé à la barre, la mort de son père serait la cause de cette « décompensation ». Et le psychologue Alain Penin insiste : « Sur son échec, sa volonté de devenir analyste, il se posait de bonnes questions mais les réponses étaient fausses. Il interprétait le réel. »
 
« Je n’ai pas voulu le tuer », indique l’accusé. Maître Georges Catala insiste sur les responsabilités supposées d’un mauvais traitement de la victime pour expliquer le passage à l’acte. « Vous l’avez reçu presque 600 fois. N’y avait-il pas moyen de le soigner ? », demande-t-il à la victime. « J’ai tout fait pour lui apporter une aide thérapeutique », répond le psychiatre.
 
L’avocate générale a requis 12 à 14 ans de réclusion criminelle à son encontre. Pour elle, l’intention de tuer le psychanalyste toulousain « ne faisait aucun doute » chez un garçon « qui rumine ses propres échecs sans jamais se remettre en question ».
Une position soutenue également par Maître Simon Cohen qui représente la victime : « Non il n’est pas venu pour parler comme il l’affirme, non il est venu pour tuer. »
 
L’avocate générale, sans contester l’altération du discernement retenue par les experts, s’est inquiétée de « la violences des actes successifs », des agressions de novembre 2016 à l’encontre de professeurs et de jeunes femmes jusqu’à la tentative de meurtre de son psychanalyste en juin 2018 au cœur de Toulouse.
« Ce dossier n’est ni le procès de la thérapie, et encore moins le procès de la psychanalyse. C’est le dossier d’un passage à l’acte hyper-violent chez un homme incapable de se remettre en question, qui reste dans le déni et qui présente un fort risque de réitération avec un pronostic défavorable des experts ! »
L’avocate générale a aussi réclamé aux jurés un accompagnement sociojudiciaire de 10 ans comprenant une injonction de soins, une interdiction d’approcher des victimes et une obligation de les indemniser.
 
Maître Robin Sénié-Delon a commencé la défense de l’accusé en contestant la préméditation « Oui il a pensé aux violences, oui il a voulu se venger mais jamais il n’a voulu tuer son ancien docteur, et encore moins tenté de l’assassiner ». Maître Georges Catala a estimé : « Ce dossier, c’est le drame de la maladie mentale mal soignée ! Pas le dossier d’un assassin en puissance ». Il a réclamé aux jurés une peine plus adaptée pour « ce rififi entre psy ». 
 
Après trois heures de délibéré, la cour d’assises a condamné l’accusé à 10 ans de prison. La cour d’assises a retenu la qualification de tentative d’assassinat et a également retenu l’altération du discernement de l’auteur au moment de l’agression.
La peine d’emprisonnement s’accompagne d’un suivi socio-judiciaire de 6 années avec une injonction de soins et une interdiction d’approcher les victimes.
 
Article de La Dépêche. 

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